Soir d’apothéose

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20190818

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Habile aux nudités de cœur, d’âme et de chair,
C’est jaillissant d’un songe, ardente d’incendies
Qu’elle apparait, laurée, en robe d’argent clair ;
Ployant divinement ses formes arrondies !

Lumineuse dans l’ombre, elle approche à tâtons,
Puis soumet dans l’instant l’appétit qu’elle excite :
— Sur la rose odorante ont fleuri deux boutons —
Ondé d’or et de sang, l’amour nous sollicite…

Je voudrais, mon esprit à ses lèvres pendu,
Pour qu’en fête s’achève un soir d’apothéose :
Dans un souffle très lent, mordre au fruit défendu ;
Puis en sucer le jus, velouteux, mais je n’ose.

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© Yánnučój WĄTESŻĄ 20/08/2019

Poème protégé par le Code de la Propriété Artistique et Littéraire [ version consolidée au 11 mai 2017 ] Reproduction interdite sans autorisation écrite de l’auteur.

D’un amour adultère

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20191703

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Loin des yeux indiscrets ; sans esclandre ni bruit :
D’un époux sans vigueur je partage la femme ;
Et d’un zèle incessant, j’alimente la flamme,
Pour son cœur de lumière esseulé dans la nuit

En secret, nous vivons dans l’amour adultère ;
Consacrant nos pensées à des jeux impudents
Où nos sens échauffés, nos esprits doux-ardents,
Se plaisent à languir et n’en font pas mystère !

En un peu de fumée, en de rares soleils,
Nous métamorphosons les minutes trop brèves
Où, tramés d’arcs-en-ciel, s’entrelacent nos rêves ;
Avec l’air de tenir constellés nos sommeils
 
Nous laissons fuir au loin la trompeuse chimère
Pour, exempts de remords, nous griser follement
Tout au bord d’un abîme, haut-lieu d’isolement

Où ne fait que passer un bonheur éphémère.

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© Yánnučój WĄTESŻĄ 18/03/2019

Poème protégé par le Code de la Propriété Artistique et Littéraire [ version consolidée au 11 mai 2017 ] Reproduction interdite sans autorisation écrite de l’auteur.

D’âme tendre et de cœur conquérant

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20190303
crédit image : juliendouvier.com
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Connivents, l’âme tendre et le cœur conquérant :
Je ne peux m’adonner qu’aux idylles cachées,
Où les fruits sans saveur et les fleurs arrachées
Dérobent leurs parfums aux lèvres s’effleurant !

Je m’enivre, lascif, de la Chair toute nue :
— Labyrinthique abîme et toujours m’attirant —
Fiançant l’amour fruste à l’extase ingénue

J’effémine et j’échauffe, à la braise du soir,
Mon logis sans couleurs et son décor trop noir ;

Avant que d’entreprendre un chemin qui sinue.

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© Yánnučój WĄTESŻĄ 10/03/2019

Poème protégé par le Code de la Propriété Artistique et Littéraire [ version consolidée au 11 mai 2017 ] Reproduction interdite sans autorisation écrite de l’auteur.

Premier amour (sonnet byronien)

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20180829

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Cétait un soir d’avril (d’atmosphère douillette)
Où les astres filaient en pavoisant les cieux
— Dont un pan se cuivrait, s’irisait dans mes yeux —
Et menant le cortège, apparut Juliette !

(Fors son minois boudeur) frimousse joliette,
Une robe orangée, un chapeau or et noir,
Fendaient la clarté bleue éphémère du soir
Tandis que s’élançait la svelte silhouette

C’était le grand amour à son commencement ;
Je le sentais déjà, moi dont l’âme nubile
S’angélisait de par tant d’éblouissement !

Puis le ciel propagea quelque chose d’habile :
— Des frissons, des éclairs, un lent ravissement —
 Et nous fîmes ensemble un voyage immobile.

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© Yánnučój WĄTESŻĄ 30/08/2018

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Le rêve caressé

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20181308

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Dans le silence heureux flotte, pleine, la Lune ;
Sur le bord de la mer, assis, faute de mieux :
Je m’enivre tout bas, puis me rêve en des lieux
De splendeur inconnue et de bonne fortune

 Dès lors que mon esprit se distrait mollement,
Mille vagues d’ennui m’inondent, une à une ;
Et tandis que m’atteint le bleu déferlement :

J’entends l’appel au loin d’un pays que j’ignore ;
Humble coin de la Terre, où l’on s’améliore…

« C’est là-bas qu’il faut vivre, indubitablement ! »

Retentit dans mon âme, en lente ritournelle,
Avec l’aménité d’une voix fraternelle…

Et je laisse venir le léger bercement
— Pendant que se révèle une sorte d’osmose —
En mimant le plaisir à son commencement

Devant les flots muets, ainsi donc, je suppose
Qu’une dame m’attend par-delà l’horizon :
Assoupie au soleil, dans le frais du gazon,
L’enchanteresse porte à la tempe, une rose.

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© Yánnučój WĄTESŻĄ 14/08/2018

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