Juste après qu’il ait plu

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crédit image : juliendouvier.com
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Juste après qu’il ait plu, l’heureuse délivrance !
Moi, qui jadis vivais infidèle à ma foi,
Je marche vers l’amour, avec derrière moi :
L’or à l’ambre mêlé, en gage d’espérance !

En rythmant l’air léger, le vent chante tout bas
Comme à travers un songe avant la nuit venue ;
Sous le ciel rutilant, par la forêt mi nue :
Tout est calme, tout luit ; rien ne trouble mes pas !

Main dans la main, moi et mon ombre, côte à côte
Nonchalamment, flânons tout le long des sentiers ;
Au fond des soirs, alors, je le crois volontiers :
Parmi les bois, une âme attend sans doute un hôte.

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© Yánnučój WĄTESŻĄ 27/10/2018

Poème protégé par le Code de la Propriété Artistique et Littéraire [ version consolidée au 11 mai 2017 ] Reproduction interdite sans autorisation écrite de l’auteur.

Abîmé

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Mes yeux tristes d’aimer, en miroirs résignés,
Résumaient à eux seuls ma parole hésitante
Quand tu as formulé, sous des airs indignés :
Tes précoces adieux à ma chair palpitante

Tel un geste guetté, la blessure du Cœur
Fut traduite en deux mots d’intime allégorie :
J’ai haï ton sourire exquisement moqueur,
Quand la gifle a rosi ma joue endolorie !

D’abord, il m’a semblé qu’aux paupières mes pleurs
Surgissaient tout à coup par les portes d’un rêve ;
Puis, un trouble imprévu a trahi les douleurs
Expressives d’une âme en émoi qu’on achève…

D’avoir tant redouté l’immanquable abandon,
J’ai imploré les dieux, offensé la décence !
N’ayant plus nul espoir d’obtenir le pardon :

Tout mon être abîmé souffrira ton absence.

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© Yánnučój WĄTESŻĄ 09/10/2018

Poème protégé par le Code de la Propriété Artistique et Littéraire [ version consolidée au 11 mai 2017 ] Reproduction interdite sans autorisation écrite de l’auteur.

Les regrets du passé…

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Les regrets du passé me tenaient enchaîné
Dans les décors mouvants du chagrin deviné ;
Tant le lourd poids du ciel menaçait tout mon être :
Je me livrais entier, assis à ma fenêtre,
Aux ricanements noirs d’un grand deuil nouveau-né

Et mon fardeau pesait à ma force abolie
Qu’un mal assez bizarre achevait d’épuiser ;
Car mon cœur, désarmé, venait de se briser !
Je me laissais gagner par la mélancolie…

J’exhortais moins l’amour que les hauts désespoirs ;
Mais, je songe à présent que cela doit suffire :
Adieu donc, volets clos, lugubres habits noirs !

Je ne demande qu’à aimer, vivre, sourire,
Fidèle au vœu formé, d’ardeur et bons vouloirs :

Créer un abri sûr ; au moins pour quelques soirs.

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© Yánnučój WĄTESŻĄ 01/10/2018

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Troublante

"Je contemple souvent le ciel de ma mémoire"  Marcel Proust

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Fut-il dans l’Univers, augure plus troublante ?
La Grande Ourse tendait vers moi ses bras de feu ;
Suivant les reflets blonds d’une étoile filante,
Je pressentais le Ciel favorable à un vœu…

S’accomplissait alors mon rêve incantatoire !
Comme on charme un serpent aux ondoiements abstraits :
Apprivoisée un peu, l’adorable Victoire
Se faisait apparaître à mes grands yeux distraits !

Et pour mieux me soumettre à sa vive indolence,
L’extatique parfum du lys dans ses cheveux
Enivrait l’atmosphère où planait un silence
Pudique, cependant, de malice et de jeux

Mais, Victoire a d’instinct gardé mon cœur en cage !
Après les premiers temps d’un flirt affectueux :
Vers sa bouche rebelle une œillade trop sage
Me privait d’un baiser, des plus voluptueux.

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© Yánnučój WĄTESŻĄ 19/09/2018

Poème protégé par le Code de la Propriété Artistique et Littéraire [ version consolidée au 11 mai 2017 ] Reproduction interdite sans autorisation écrite de l’auteur.

Grâce matinale

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crédit image : juliendouvier.com
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Posé sur l’horizon ; à sept heures précises :
L’astre d’or chatoyait, renvoyant à mes yeux
Tout un ciel bleu d’opale aux lueurs indécises
Qu’un splendide halo éclairait de ses feux

C’est ainsi que frôlant mes cheveux, mon visage :
Les clartés du doux jour, tels les vents alizés
— Parmi les rougeoiements du divin paysage —
S’étalaient sans orgueil en rayons tamisés

Et cela m’évoquait le lent timbre placide
D’un ruisseau, d’une harpe, ou d’un chant animal ;
On eût dit, un instant, que de l’eau translucide,
S’élevait par les airs un faisceau aromal…

Sur les pas de l’été ; portant l’aube bénie
À travers la verdure et l’ocre floraison :
Septembre commençant, dans sa grâce infinie,
Composait les parfums de l’arrière-saison.

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© Yánnučój WĄTESŻĄ 10/09/2018

Poème protégé par le Code de la Propriété Artistique et Littéraire [ version consolidée au 11 mai 2017 ] Reproduction interdite sans autorisation écrite de l’auteur.

Prélude à la nuit

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~ Dédié au Poète Cochonfucius ~

Ce crépuscule est comme un cygne allégorique
S’attardant au miroir merveilleux du sommeil :
Écran blanc par lequel un poète lyrique
Songe à la Lune, veuve, en grand deuil du Soleil

Pour celui qui cherchait un cosmos onirique :
En tout point analogue à ses aspirations,
Très haut, tout près, c’est un ciel fantasmagorique
Désormais bien réel et plein d’apparitions !

De minute en minute, un arpège lunaire
S’égrène entre les doigts du mage en dilection,
Qui contemple longtemps son monde imaginaire
Où la Pléiade brille, en chaque direction…

Vêtu d’or miroitant, le rimeur solitaire,
Dorloté, s’abandonne aux astres, sciemment :
Tout son être folâtre au gré de la nuit claire ;
S’étend dans tout l’espace et monte au firmament.

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© Yánnučój WĄTESŻĄ 01/09/2018

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Premier amour (sonnet byronien)

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Cétait un soir d’avril (d’atmosphère douillette)
Où les astres filaient en pavoisant les cieux
— Dont un pan se cuivrait, s’irisait dans mes yeux —
Et menant le cortège, apparut Juliette !

(Fors son minois boudeur) frimousse joliette,
Une robe orangée, un chapeau or et noir,
Fendaient la clarté bleue éphémère du soir
Tandis que s’élançait la svelte silhouette

C’était le grand amour à son commencement ;
Je le sentais déjà, moi dont l’âme nubile
S’angélisait de par tant d’éblouissement !

Puis le ciel propagea quelque chose d’habile :
— Des frissons, des éclairs, un lent ravissement —
 Et nous fîmes ensemble un voyage immobile.

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© Yánnučój WĄTESŻĄ 30/08/2018

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Tourné vers l’infini

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Jentrevois d’anciens soirs de floraison dernière ;
— Flamme étrange de fin proche et lente d’Été —
À l’heure où tout dormait dans la ville, excepté :
L’inextinguible amour en sa force première

Sous les ors chamarrés de la tiède verrière,
Ta fougue romantique et ma virilité
S’accouplaient, amorties, avec tranquillité,
Dans les bras de la nuit et puisaient la lumière

Quand nos sens, embrasés par les feux successifs,
Se consumaient l’un l’autre, en fandangues lascifs :
Reins et bustes cabrés ; front à front, lèvre à lèvre

Robe de soie aux plis blancs, uniformément,
Et costume paré ; parfums ; joyaux d’orfèvre,
D’un seul élan donnaient à l’âme, un supplément.

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© Yánnučój WĄTESŻĄ 22/08/2018

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Le rêve caressé

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Dans le silence heureux flotte, pleine, la Lune ;
Sur le bord de la mer, assis, faute de mieux :
Je m’enivre tout bas, puis me rêve en des lieux
De splendeur inconnue et de bonne fortune

 Dès lors que mon esprit se distrait mollement,
Mille vagues d’ennui m’inondent, une à une ;
Et tandis que m’atteint le bleu déferlement :

J’entends l’appel au loin d’un pays que j’ignore ;
Humble coin de la Terre, où l’on s’améliore…

« C’est là-bas qu’il faut vivre, indubitablement ! »

Retentit dans mon âme, en lente ritournelle,
Avec l’aménité d’une voix fraternelle…

Et je laisse venir le léger bercement
— Pendant que se révèle une sorte d’osmose —
En mimant le plaisir à son commencement

Devant les flots muets, ainsi donc, je suppose
Qu’une dame m’attend par-delà l’horizon :
Assoupie au soleil, dans le frais du gazon,
L’enchanteresse porte à la tempe, une rose.

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© Yánnučój WĄTESŻĄ 14/08/2018

Poème protégé par le Code de la Propriété Artistique et Littéraire [ version consolidée au 11 mai 2017 ] Reproduction interdite sans autorisation écrite de l’auteur.

Sous l’aspect d’un phantasme

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Sous l’aspect d’un phantasme en sa forme suprême,
M’est apparu, un soir, le fantôme incrusté
De notre jeune amour ; qui fut la grâce même :
Mêlant tranquille idylle, extase et vénusté

Comme si une nymphe avait mis son empreinte
Sur nos heures de joie (en allées aujourd’hui) ;
Suggérant tour à tour la caresse ou l’étreinte :
J’ai revécu ce temps, que l’allégresse a fui

Tel un ange bizarre aux ailes grand ouvertes,
Venu parmi nos vies avec un long soupir :
Tu te montrais, au ciel, joues et lèvres offertes ;
Serviables échos du fervent souvenir…

Transfigurée ainsi, tu t’es faite éternelle !
Je bénis, depuis lors, le divin messager
Qui t’a donné, un soir, l’enveloppe charnelle
Sous un voile fragrant d’opium très léger.

Transfigurée ainsi, tu t’es faite éternelle !

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© Yánnučój WĄTESŻĄ 02/07/2018

Poème protégé par le Code de la Propriété Artistique et Littéraire [ version consolidée au 11 mai 2017 ] Reproduction interdite sans autorisation écrite de l’auteur.